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GIRLTALK : THE GOOD SAM

Le week-end dernier je me suis installée confortablement dans mon canapé, j ai pris mon plaid et je me suis dit qu’il était temps de me mettre à un de mes passe temps favoris : les films de Noël sur Netflix ! Mais voilà grosse déception, Je les avais presque tous vus alors je me suis rabattue sur une comédie romantique, « THE GOOD SAM » réunissant tous les ingrédients nécessaires pour contribuer à combattre la morosité automnale.

L histoire est simple et belle. Un homme dépose des sacs d argent devant le domicile de personnes dans le besoin sans dévoiler son identité. Une journaliste se met en quête de découvrir qui se cache derrière ce bon samaritain. Le simple fait de présenter les faits à la télé déclenche une vague de solidarité entre les gens, et les bénéficiares mêmes des bonnes actions de The Good Sam ont tous aidé quelqu’un avec une partie des sommes reçues. Une vraie chaîne de bonnes actions et d’entraide. Bref, un film qui fait du bien si on le prend au premier degré mais qui pousse à réfléchir sur notre société si on pousse un peu la réflexion.

La première chose que j’ai dit à Cadio pendant le générique de fin ? « Imagines si les journalistes passaient plus de temps à relater de belles histoires, des actes de bienveillance, à montrer que l’être humain peut aussi être capable de faire le bien, cela changerait tant de choses dans l’esprit des gens, tant de choses dans leurs manières de se comporter, ça redonnerait de l’espoir et l’envie de faire le bien.

Ne vous moquez pas, je ne suis pas idéaliste, je ne suis pas non plus perchée dans un monde parallèle mais je crois aux pouvoirs des bonnes nouvelles, et au fait que le bonheur peut être contagieux.

Je prends le risque de m’attarder sur un sujet qui électrise et passionne la France en ce moment : les femmes voilées. A force de reportages télé, à force d articles de presse pour diaboliser, stigmatiser, faire peur et diviser, les Français ont fini par croire que leur seul ennemi était la mère de famille qui accompagne une sortie scolaire avec son voile sur la tête. On en aurait presque oublié les inégalités sociales, les enjeux climatiques, l’évasion fiscale, les magouilles politiques, les vraies causes du mal être en France. Des élus, des sénateurs, des députés y vont tous de leurs petites phrases assassines histoire de tenter de grapiller quelques voix à l’extrême droite qui se nourrit de ces peurs et qui gagnent dangereusement du terrain jour après jour , un coup comparées à des sorcières d’Halloween, une autre fois jugées responsable des attentats en France, ou encore réduites à l’image de femmes soumises et incompatibles avec nos valeurs républicaines. Que mes origines ne vous fassent pas penser que je défends ma paroisse, je ne suis pas musulmane, à dire vrai je ne crois même pas en Dieu, pire je suis d’après certains de mes amis une « athée fanatique » parce que la religion n’a et n’aura jamais sa place dans mon foyer ou dans l’éducation que nous donnerons à notre enfant. Mais j’ai le respect de l’être humain. J’ai le respect des croyances de chacun tant qu’elles ne me sont pas imposées. Ma famille a fui l’Iran et des femmes se battent chaque jour dans mon pays pour ne pas avoir à porter le voile, pour être libres de s’habiller et d’agir comme elles le souhaitent mais il ne me viendrait pas à l’esprit une seule seconde d’imposer mon point de vue d’athée à quelqu’un qui croit. Et non une femme qui porte le voile dans la rue ne nous s’impose rien, elle ne demande rien à la société hors mis le droit d’exister, de vivre, et d’être respectée … Stigmatiser, exclure, bannir … voilà ce qui créé les extrêmes, voilà ce qui créé le désespoir de ne jamais être intégré, voilà ce qui pousse à commettre l’irréparable. Les médias, les politiques sont pleinement responsables de la radicalisation, il joue à un jeu extrêmement dangereux dont l’issue ne présage rien de bon. Imaginez maintenant si ces mêmes médias, si ces mêmes politiques prenaient le parti de nous montrer quotidiennement la réalité des faits, les femmes voilées ne mordent pas, ne crient pas Allah akbar au lieu de dire Bonjour, ne nous dévisagent pas, ne nous demandent rien, elles vivent leur vie comme toutes les femmes de ce pays. Elles sont des êtres humains à part entière et personnellement je ne me suis jamais fait insultée, ennuyée, manquée de respect par une femme portant le voile. Bien au contraire ! Les seules fois où la parole est donnée aux écoles concernées, bizarrement celles qu’on juge diaboliques sont défendus bec et ongle par les autres parents d’élèves, par le corps enseignant, elles sont décrites comme disponibles, aidantes, impliquées, aucun incident n’est à déplorer. Ne serait ce pas parce qu’il suffit de voir plus loin que le bout de sa haine pour s’apercevoir qu’elles sont surtout des mères aimantes comme les autres qui contribuent bénéfiquement à la société en donnant de leur temps pour accompagner leurs enfants mais également les nôtres.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, mais les images que notre cerveau  emmagasine, les articles que nous lisont, les reportages que nous voyons influencent notre vision de la société et pire encore notre moral, notre envie d’être heureux, de faire le bien autour de nous. Surtout notre envie de faire le bien. Nous vivons en quasi autarcie dans notre cocon, nous haîssons nos congénères partant du principe que tout le monde est pourri, qu’il n’y a rien de bon à tirer de la race humaine et pourtant si seulement on nous parlait quotidiennement tout autant de tout ce que l’humain fait de bien, de toutes ces personnes qui oeuvrent à un monde meilleur, si seulement en plus de la rubrique « faits divers » nous avions accès à une rubrique « fais du bien » pour nous rappeler qu’on est capable de bonté , je suis sure que tout cela jouerait sur l’esprit collectif, sur la volonté d’être heureux, sur celle de s’entraider, se respecter … Ils seraient alors plus difficile pour nos gouvernants de nous manipuler, de nous désigner des ennemis virtuels facile à abattre, de nous éloigner de la réalité des causes de la précarité et des inégalités.

Ce film m a perturbée alors qu’on est loin d’un chef d’oeuvre. Je ne pouvais cesser de m’imaginer un monde dans lequel les médias deviendraient nos alliés pour des jours meilleurs, qui nous pousseraient à agir au mieux, qui sacrifieraient le « pute à clique » et le sensationnel, qui cesseraient de verser dans le dramatique en montrant ce qui va également.

 

Une société optimiste, qui baignerait d’avantage dans la bonté, le partage et le respect serait une société d’entraide qui réduirait les inégalités et le désespoir. Je suis peut être finalement une idéaliste, une hypersensible … mais je continuerais à croire que si ceux qui formatent les esprits collectifs changeaient leur fusil d’épaule et prenaient le parti de nous montrer le bon en chacun ( sans nous cacher la réalité de la vie pour autant ) cela impacterait significativement notre capacité à aimer l autre et à faire le bien autour de nous.

cet article n’a finalement aucune vocation à part celle de vous parler de ce qui m’a marqué ce week-end en espérant secrètement qu’une journaliste se cache parmi nous et qu’on verra un jour une rubrique « faits du bien » dans un média de masse 😉

 

 

 

 

 

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